On vous dit tout sur les vins rosés Bordeaux Clairet

Vous l’avez certainement déjà croisé : de couleur rouge pâle ou fushia intense, avec des arômes de fruits rouges croquants : le Clairet est LE vin typiquement bordelais. D’où vient sa couleur ? Son nom ? Comment est-il produit ? Et avec quoi le déguster ? On vous explique tout sur le clairet avec l’aide d’Éric Galan, consultant en vin et amoureux de ce vin bordelais.

Vin Lifestyle Dégustation
Une passion anglo-saxonne

Le clairet tiendrait son nom de l’expression « french claret », le terme qu’utilisaient les anglais, grands amateurs de vins de Bordeaux pour désigner ce vin à la robe rouge clair. « Les anglais ont occupé 300 ans la région Aquitaine » explique Eric Galan, « ils faisaient alors un marché à destination de l’Angleterre et transportaient les vins de Bordeaux en barrique. Le clairet était est un vin rouge assez simple de petite macération. Il s’est ensuite développé dans la région sous le nom de clairet. » Depuis les années 50, le clairet possède son appellation d’origine contrôlée. Selon le cahier des charges de l’AOP “Les clairets présentent une robe intense et éclatante avec des reflets de couleur framboise et des arômes de fruits mûrs et charnus. Ils présentent une bouche plus vineuse que les autres rosés avec une finale plus longue. Ces vins présentent une bonne aptitude à une consommation jeune (de un à trois ans).”

La production est plutôt consommée par un public local, elle représente 50 hectares du vignoble bordelais, soit moins de 0.1% de la surface totale locale. Pour Monsieur Galan, le clairet est un vin qui gagne vraiment à être connu. En effet, de plus en plus de vignerons portent une attention particulière à ce vin et en font des vins de qualité.

Un vin de macération

Les vins blancs se dégustent généralement plutôt frais, il existe cependant des variations en fonction de la nature du vin.

Mais d’où vient la couleur rosé foncée du Clairet, qui pourrait presque faire penser à un rouge pâle ? Ce vin est en fait un vin de macération pelliculaire. Comme le rosé, c’est un vin produit à partir d’un cépage rouge (essentiellement le merlot). « Les raisins sont ramassés à maturité, ils sont ensuite mis dans les cuves à macérer, vous obtenez une couleur rosé foncée grâce au contact de la pellicule du raisin rouge et jus. La macération, plus longue que pour le rosé va donner cette couleur typique. Vous pressez ensuite le jus, que vous mettrez dans une cuve.»

Cette macération, va donc donner la couleur au vin, mais aussi une certaine structure qui rend le clairet intéressant en bouche. Pour le clairet réalisé pour la Maison Chamvermeil sur le domaine du Château Sainte Catherine, rien n’est laissé au hasard. « À la vigne on choisit nos parcelles destinées à l’élaboration du Clairet : ce sont des parcelles de raisins sains que nous vendangeons mûrs pour faire un vin équilibré avec une bonne acidité » explique Monsieur Galan. Car si le clairet a pu être considéré comme un vin trop lourd et un peu alcooleux, il peut en fait se révéler, s’il est bien travaillé, tout en finesse et en subtilité. Un vin sur le fruit, un peu charnu avec une pointe de tannin à consommer dans sa prime jeunesse « à boire entre ses 18 et 24 mois pour vraiment conserver cette fraîcheur du fruit. » recommande l’expert.

Le cépage majoritaire est le merlot, mais on peut aussi y trouver du cabernet sauvignon, du cabernet franc, du côt, du carménère ou encore du petit verdot.

Un vin de bordeaux qui s’accorde avec tout

Contrairement à des vins plus charpentés comme le Saint-Émilion, le Clairet va pouvoir se boire dès l’apéritif et jusqu’à la fin du repas. « Le clairet par rapport au rosé, a une structure qui lui permet de franchir un petit cap et d’être consommé aussi sur des viandes » explique Eric Galan. Vous pouvez donc le déguster à l’apéro sur de la charcuterie mais aussi avec des pâtes fraîches, des pizzas, de la viande blanche comme des brochettes de porc mariné ou une plancha de poulet et jusqu’au dessert.

Et pour la température de service ? « Attention à ne pas le déguster trop glacé, car cela empêcherait d’apprécier toutes ses qualités aromatiques. Une température de service entre entre 7 et 10 degrés est optimale.»
Le clairet Chamvermeil : Bordeaux Clairet