La passion du vin
Je l’avoue toute honte bue : j’adore le vin, tous
les vins, et en particulier celui de Bordeaux. Que voulez-vous,
voilà quatre générations de Chamvermeil qu’il coule dans nos veines !
Je serais bien ingrat si chaque dégustation ne me remplissait de joie. Regarder,
sentir, puis goûter, comparer les robes et deviner les arômes, puis savourer
enfin pour le seul plaisir...
Ah! Quel métier a autant de saveur que celui de vigneron ?
Et ce clin d’œil pour finir, par-dessus nos verres, en toute amitié : une
passion immodérée du vin peut parfaitement s’accommoder d’une
consommation modérée. Cela va de soi, n’est-ce pas ?
La passion du terroir Bordelais
Bordeaux, souvent imité, jamais égalé
C’est en quelque sorte ma devise. Elle exprime - avec un
rien d’immodestie, je le confesse - la haute idée que je me fais de cette terre
du Bordelais, et la véritable passion que je lui porte. J’aime ses sols
de graves ou d’argile, ses plaines et ses coteaux, chacun de ses châteaux, des
plus flamboyants aux plus humbles, son climat doux, à la fois ensoleillé et
humide, son océan et ses trois fleuves : la Garonne, la Dordogne, et le plus
célèbre, le plus généreux, le plus riche, celui de ses vins.
Ce terroir nous a tout donné, à nous autres vignerons.
Alors comment pourrais-je ne pas me donner à lui corps et âme ?
La passion de la vigne
Dame Nature, voilà notre vraie maîtresse. C’est elle, en
fin de compte, qui décide de tout. Nous ne sommes que ses serviteurs, sinon ses
obligés. Elle est partout : dans cette terre pauvre et pourtant si féconde; dans
ce ciel qui nous fait rêver et parfois trembler, et qui nous force à être
toujours en éveil, à nous adapter incessamment; dans la vigne elle-même,
dans chaque feuille, chaque cep, chaque grappe, chaque grain. Pas un jour où on
ne lui rende visite, à Dame Nature. Pas une heure où l’on ne pense à elle. Pas
une seconde où l’on doute de ce qu’on lui doit.
A-t-on déjà vu passion plus exclusive sous le soleil de Gironde et
d’ailleurs ?
La passion du métier de vigneron
Peu de métiers sont constitués d’autant de gestes à
effectuer tout au long de l’année. Du travail de la vigne (qu’il faut
savoir aussi bien planter qu’entretenir, soigner, tailler et vendanger...), à
celui, extrêmement complexe et délicat, de la vinification, un vigneron
est tour à tour météorologue, agriculteur, châtelain, tonnelier, médecin,
chimiste, œnologue bien sûr, mais aussi vendangeur, mécanicien, chef
d’entreprise, moine, jardinier,... j’en passe et des meilleurs. Il s’agit, en
fait, d’un véritable tour de France des professions en quelques hectares !
Forcément passionnant, non ?